Paintings and drawings © Marion Charlet

© 2018 by Sophie Raynaud

ABOUT

Photo ©Émilie Mathé

MARION CHARLET

marioncharletstudio@gmail.com

 

BRUSSELS

La Patinoire Royale /

Galerie Valérie Bach

rue Veydt 15
1060 Brussels
t +32 (0)2 533 03 90

galerievaleriebach@gmail.com

The work of Marion Charlet appears as the expression of a constructed, recognizable and homogeneous universe, instantly creating ambiguity and confusion: What does this unclassifiable artist, whose art can, to a certain extent, be associated with the last generation of the Figurative Narration without its political message, say to us?

 

Entering one of this true painter’s canvases propels us into the heart of a daydream we don’t own. In the form of a psychoanalytic sinking she invites us to share with her some visions and non-referent spaces, derivations from the void, the absence, the silence and the wait.

 

The black that encircles the objects or draws through the joint patterns of the tiles, as if an eighties look-alike chromatic filter in the Twin Peaks fashion had covered the film: blue light (according to David Lynch, the color blue is the gate to the unconscious), and violent shadows, chromatic flash, and a muffled gloomy persistence.

A clear opposition exists between a tidy, knife-cut world, structured with perspective and architecture, placed at the heart of the Californian culture controlled in the American way and completely static, and an exotic nature, chaotic, moving and luxurious, in the style of Douanier Rousseau, very sexual, with languorous and charming fearing flowers.

 

Between these two poles - the organized and the deconstructed - the artist invites the viewer to dissolve the self into the smooth medium of acrylic and its flat areas of strong color, like an effervescent pastille in a cup of water. Little or no animals... but plants, however, and in profusion, as if the human presence had abandoned the canvas, leaving some witnesses suggesting their visit (objects, tools, diverse materials…).

These lives suddenly become useless or not really necessary anymore. Some compositions are as if these earth paradises werehurriedly abandoned before the hit of a devastating cyclone. This EDEN is a deserted paradise, where memory and remembering adjoin the anecdote and the pathetic, haunting the a-topic spaces - which means without space, and particularly without spirit, mysterious troubling ambiances, sort of Jurassic parks from which mutant creatures could emerge, still invisible to the eyes of a profane too focused on its present and civilization…

Little or no soothing and comforting horizon lines, but many vanishing points: this EDEN could be a place of delight, a journey full of charms, a perfect happiness state, but we wisely advice to check its perfect innocuousness, before running into it…

 

Constantin Chariot, 2017

L’œuvre de Marion Charlet s’impose au regard comme l’expression d’un univers construit, reconnaissable et homogène, créant instantanément l’ambiguïté et le trouble : que nous dit cette artiste inclassable qui, à certains égards, pourrait être, le message politique en moins, rattachée à une figuration narrative de la dernière génération ?

Entrer dans un tableau de cette véritable peintre, c’est être convoqué au cœur d’un songe qui ne nous appartient pas, c’est partager avec elle, dans une forme de naufrage psychanalytique, des visions, des espaces sans référents, procédant du vide, de l’absence, du silence et de l’attente. 

Les oppositions y foisonnent, en effet, et créent un mélange fait de citations enfantines, où les couleurs acidulées, fluorescentes, le disputent au noir, cerclant les objets ou dessinant les joints entre les carrelages, comme si un filtre chromatique de type eighties, à la "Twin Peaks", avait recouvert la pellicule : lumières bleues (chez David Lynch, la couleur bleue est une porte d’entrée vers l’inconscient) et ombres violentes, flashes chromatiques et sourdes permanences obscures.

Une opposition flagrante existe également entre un monde ordonné, tracé au cordeau, perspectif, architecturé, baignant au cœur d’une culture californienne, contrôlée, à l’américaine, absolument immobile, et une nature exotique, chaotique, mouvante et luxuriante, à la Douanier Rousseau, très sexuée, avec des fleurs inquiétantes de langueur et de charmes. 

Entre pôle organisé et pôle parfaitement déconstruit, l’artiste invite le spectateur à se dissoudre dans cette matière lisse qu’est l’acrylique, traitée en à-plat, comme une pastille effervescente dans un verre d’eau. Pas ou peu d’animaux… mais des végétaux, en revanche, en profusion, comme si la présence humaine avait déserté la toile, y laissant quelques témoins suggérant son passage (objets, ustensiles, matériels divers,…), vie devenue comme subitement inutile ou plus tout à fait nécessaire. Certaines compositions ressemblent à ces paradis terrestres abandonnés à la hâte, avant le passage d’un cyclone dévastateur…

Cet EDEN est un paradis désertique, où la mémoire, le souvenir jouxtent l’anecdote, le dérisoire, hantant des espaces a-topiques, c’est-à-dire sans lieu et surtout sans esprit, mystérieuses ambiances troublantes, sorte de parcs jurassiques du futur d’où pourraient bien sortir de mutantes créatures, encore invisibles aux yeux d’un profane par trop tourné vers son présent, sa civilisation… Pas ou peu de lignes d’horizon apaisantes et rassurantes, mais de nombreux points de fuite : cet EDEN pourrait bien être un lieu de délices, un séjour plein de charmes, un état de bonheur parfait, mais dont on conseillerait de vérifier la parfaite innocuité, avant, sans doute, de se mettre à courir…

 

Constantin Chariot, 2017